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n°3_Fumer mais où ?

traduction de l'article "Butun met e pelec'h ?" p 6 de Yaouankiz n°3

Fumer, mais où ?

En fumant vous pouvez à la fois décéder, être sans enfant ou devenir malade du cancer. Ces avertissements sont désormais sur les paquets de cigarettes depuis quelques années. Il faut tout de même le reconnaître que le tabac peut avoir une bonne odeur ou être sans odeur, les boissons sans sucre ont toujours du spartam, des gâteaux et des repas sont également fris avec de l'huile hydrogénée. Il peut être aussi plus dangereux encore de manger de la nourriture ramassée près d'un incinérateur.

Il y a déjà 2 ans que l'on interdit de fumer dans les lieux publics. Fume t-on moins pour autant ? Oui et cependant, il est difficile de dire que cette loi en est la cause. Le prix y contribue sûrement mais la préoccupation des fumeurs à leur santé depuis une dizaine d'années également. Les bars ont sûrement maintenant plus de difficultés à vivre. Malgré les propos de certaines personnes à la télévision, je n'ai pas constaté d'arrivées massives de non-fumeur investir les lieux avec leurs enfants.

Je suis non-fumeur et dérangé par la fumée de tabac. C'est plus sympa de se balader et de danser sans devoir attraper un rhume à cause de cela. Nous savons que le rôle de l'Etat est de protéger la santé de ses citoyens sans pour autant enlever la liberté de chacun. Interdire le tabac aux restaurants ou dans les boîtes de nuit me paraît tout à fait normal. Il en est de même dans tous les lieux comme les cours d'école, les gares, les aéroports, où beaucoup des gens attendent. Malgré cela, je pense  que la loi aurait pu être différente dans la mesure où le tabac fait partie intégrante de la vie d'un bar. Selon la loi Even, tous les lieux publics avaient l'obligation de proposer un espace non-fumeur. Cependant il faut reconnaître que cette disposition n'était pas très respectée. C'est ce peu de respect de la part des Français, ainsi que des Bretons, qui en est le responsable. On pouvait régulièrement respirer la fumée dans les espaces non-fumeur des bars. Ils n'étaient pas aménagés pour cela. Les fumeurs et les barmans sont donc à présent responsables de cette nouvelle loi.

D'autres pays en Europe, dont l'Italie, ont su respecter cette loi européenne, contrairement à la France.

Ce qui est fait est fait. Cependant, je pose cette question aux fumeurs et aux personnes en relation avec cette industrie : quel pouvoir aviez-vous face à un Etat aussi centralisé pour changer cette loi ? Qu'est-ce qui était plus facile, descendre à Paris pour faire plier la France ou aller à Rennes pour demander plus de pouvoir à la Bretagne ?

Hervé Bossard

Posté le 31/10/2009 | 2 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article


n°2_entretien avec Dewi Siberil au sujet d'Ai'ta


Kilian    Salut Dewi ! Pourrais tu nous expliquer ce qu'est Ai'ta ? D'où vient le nom ?

Dewi     Ai'ta ! est un groupe fondé en 2005 par des jeunes qui pensaient qu'il manquait quelque chose dans le domaine de la langue bretonne : il y a des écoles en breton, des associations de toutes sortes, des partis politiques… Tout ça est important mais souvent démodé. C'est alors que nous avons décidé de créer Ai'ta ! sur le modèle des DEMOS au Pays Basque du Nord. C'est-à-dire un groupe plein d'énergie et d'humour, pacifique et indépendant de tout parti politique. Ceci est important car nous voulons rester neutres, notre combat est la langue bretonne et c'est tout !

Nous avons deux grands objectifs : changer l'image de la langue bretonne chez les gens. Beaucoup d'entre eux ne portent aucun intérêt à cette langue et d'autres pensent qu'il n'y a que des personnes âgées à la parler. Il est temps de changer tout ça et de leur montrer qu'il y a beaucoup de jeunes brittophones, en harmonie avec leur temps et qui souhaitent vivre leur langue au quotidien. Le deuxième objectif est de se battre pour que le breton soit utilisé dans la vie publique, car une langue qui n'est pas utilisée partout est une langue morte.

Pour le moment nous sommes une centaine de jeunes répartis en trois fédérations : Trégor, Pays Vannetais et Léon et quelques personnes à Douarnenez. Nous avions une fédération à Rennes mais qui est en ce moment en stand-by. La langue d'Ai'ta ! est bien sûr le breton, mais nous sommes ouverts à tous, pour être efficace, nous devons être nombreux.

K           Quels résultats avez-vous obtenu pour la langue bretonne ?

D         Nous commençons à changer l'image de la langue bretonne au sein de la population. Nous essayons d'organiser des événements marrants et imprévisibles, dans la rue ou dans les lieux publics. Nous avons, par exemple, demandé aux habitants de Vannes de venir déposer leur lettre à la Mère Noël fin décembre. Nous lisions ces courriers et traduisions en français instantanément, le tout accompagné de couleurs vives et de musique, attirant ainsi la foule.

Nous avons également beaucoup manifesté auprès de la SNCF afin de donner à la langue bretonne toute sa place dans les gares et les trains. Il serait facile de traduire les panneaux en breton (on voit bien dans bon nombre de lieux des panneaux en anglais ou en allemand), traduire les annonces dans notre langue, proposer aux employés brittophones de pouvoir parler cette langue aux personnes qui le désir. Il y a peu, nous avons pu assister à la signature d'un accord entre le Conseil Régional de Bretagne et la SNCF afin de mettre un peu de breton dans les gares TER, comme à Landerneau. Ce n'est pas grand-chose, mais on peu se dire que les actions d'Ai'ta ! ont été entendues.

La SNCF reste encore têtue : « le breton n'est pas rentable » nous avais été répondu, le breton n'aura donc pas sa place dans les grandes gares comme à Guingamp ou Brest. Or nous pouvons également être têtus et pénibles sur ce sujet. Il y a toujours des projets  comme un fest-noz à la gare de Lannion ou d'Auray, et nous sommes prêts à aller plus loin s'il est nécessaire.

K             Demandez-vous la même chose sur toute la Bretagne ?

D             Nous trouvons des brittophones dans toute la Bretagne aujourd'hui, et cette langue fait partie du patrimoine de la Bretagne. Il serait donc correct de donner la même place à cette langue dans toute la région. Il faut cependant être claire : en ce qui concerne l'affichage, ce n'est pas un problème, en ce qui concerne l'utilisation de la langue, il est claire qu'elle serait plus facile en Basse-Bretagne. Mais tout ceci ne signifie pas que nous sommes contre la langue galèse : il s'agit du même combat.

K             A travers vos actions peu ordinaires, vous souhaitez interpeller les citoyens que nous sommes. Quel est leurs réactions fassent à ces événements ?

D             Tout d'abord, beaucoup de gens sont étonnés, mais un certain nombre d'entre eux reste discuter avec nous, ce qui est positif. Souvent, des personnes viennent nous voir pour nous soutenir, des jeunes ou des personnes âgées viennent discuter avec nous en breton. Tout ceci est fort sympathique ! Les personnes les plus hostiles ou en colère sont souvent les employés : ils se sentent probablement visé directement, ils n'aiment pas être dérangé dans leur travail. Mais justement, nous cherchons à les déranger le moins possible, et de discuter avec eux pour leur faire comprendre que la situation actuelle n'est pas acceptable. Le plus souvent, les choses se passent bien.

K             Est-ce que les partis politiques ont exprimés leur intérêt à vos actions, si oui comment ?

D             Pour le moment, seul les élus des partis politiques bretons ont exprimés leurs soutiens à notre combat. Rien des autres partis, ce qui n'est pas étonnant puisque les actions menées jusqu'à présent visaient principalement les entreprises (Poste, SNCF…), et il faut reconnaitre que d'autres organismes, comme l'Office de la langue bretonne, défendent la langue auprès des politiques. Nous avons les mêmes objectifs, seule la manière de le faire change.

K             Quel avenir a la langue bretonne ?

D             Là, par contre, il est plus difficile pour moi d'être optimiste. La plupart des brittophones sont au delà de 70 ans, et il n'y a pas assez d'enfants dans les écoles en breton. En plus de cela j'ose dire que le breton des jeunes n'est pas aussi riche, on retrouve beaucoup l'influence du français dans le langage, pour ceux qui le parle encore…

J'aurais quelques reproches à faire donc : d'abord à tous ceux qui se disent proche du breton et ne sont pas capable de dire une phrase correctement ! Il faut être cohérent : défendre la langue bretonne c'est avant tout la parler. Second reproche : à tous ceux qui la parle plus ou moins sans faire le moindre effort pour l'améliorer, à l'oral surtout. Et là, y a pas beaucoup de solutions… il faut aller à la rencontre des personnes âgées, parler avec elles, prendre des notes, les enregistrer… L'esprit de la langue est avec elles, et bientôt elles ne seront plus là ! Ce trésor disparaîtra à jamais. Si ceci pouvait être fait par tous ceux qui aiment leur langue, les choses iraient beaucoup mieux. Je ne dis pas que cela est facile, mais c'est comme ça.

 Autre chose : selon moi c'est aux Bretons de s'occuper de cette affaire !  Nous avons fait suffisamment l'aumône à Paris. C'est à nous de gérer ce dossier en commençant par créer de nouvelles écoles et former de bons professeurs. A mon avis, le breton devrait être une langue obligatoire à l'école, sinon ce ne sera pas assez efficace. Le système du Pays Basque Sud est intéressant : tous les élèves apprennent le basque : soit comme une matière ordinaire (une ou deux heurs par semaine), soit dans des classes bilingues (la moitié du temps en basque), soit dans des écoles en immersion. A chaque famille de faire son choix.

K             Le 7 juin prochain auront lieu les élections européennes, quelle déclaration aurais-tu à nous faire ?

D             Je serai heureux de voter pour un parti qui défende les peuples minoritaires. Ceux sans état surtout. Mais je n'ai pas si confiance que ça en l'Europe d'aujourd'hui : la France est toujours trop puissante pour se plier face à ces problèmes. Peut être que je me trompe, et tant mieux alors, mais en attendant : « Sinn Fein ! Ni hon unan ! »

 

Kilian Gastinger


Posté le 01/06/2009 | 19 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

n°1_Trois figures pour trois enseignements

Voici la traduction en français de l'article p5 "Tri den meur, teir c'hentel" du numéro 1 :


Le Parti Breton se présente volontiers comme un parti nationaliste. Mais qui sont donc les exemples politiques qui nourrissent son activisme ? Les nationalistes et les indépendantistes qui étaient de vrais humanistes dans leur combat politique ne manquent pas. Tentons d'en tirer quelques leçons.

Au mois de mai 2008 est mort un grand homme : Aimé Césaire. L'homme politique anti-colonialiste, également poète de la négritude, combattit la France du "Régime de l'Etat Français"* jusqu'à la présidence de Sarkozy. Il résista jusqu'à la fin contre la francisation de son pays, contre le racisme et le colonialisme, pour son identité. Une de ses qualités était le réalisme : il utilisa les institutions françaises qui existaient chez lui : mairie, département, région, députation… Il lutta pour que la Martinique devienne un département, contre beaucoup d'autres indépendantistes qui ne comprirent pas le but : moderniser et développer le pays. On dit parfois qu'il n'a pas toujours mené jusqu'au bout ses combats politiques. C'est possible, mais il reste bien un exemple exceptionnel.

Nelson Rolihlahla Mandela est né en 1918 en Afrique du Sud. Il a lutté pendant 40 ans contre le régime de l'apartheid. Cet avocat fut emprisonné par l'état entre 1962 et 1990. Il travailla avec le président Frederik de Klerk pour mettre un terme à l'apartheid. Il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1993. Pendant sa présidence entre 1994 et 1999 fut créée la commission "Vérité et réconciliation". Il redonna une légitimité internationale à l'Afrique du Sud tout en montrant la voie de la réconciliation, en refusant la vengeance.

Un leader politique très médiatisé était à Plouray et Nantes en août 2008 : le Dalai Lama (il ne sera pas question ici du leader religieux). Il fonda le gouvernement tibétain en exil en 1960. Jusqu'en 1973, il lutta pour l'indépendance de son pays par rapport à la Chine, tout en refusant la violence. Il choisit ensuite de lutter pour obtenir l'autonomie du « Tibet historique ». En 1987, il proposa à la Chine un plan pour la paix. En 1989, il obtint le Prix Nobel de la Paix**. Depuis 2008 il semble revenir à l'indépendantisme. L'homme a de l'initiative. Il multiplie les démarches envers les institutions internationales.  En 2007, il a demandé à la Suisse d'organiser une rencontre entre les Tibétains et le gouvernement chinois. Il n'arrête pas de voyager à travers le monde, expliquant son combat, mettant en avant son pacifisme et sa bonne volonté, ou parlant simplement du Tibet et des Tibétains. Avec son peuple, il est arrivé à rendre son combat populaire dans le monde.

Loin de l'esprit provincial qui attend tout de la part de Paris, nous devons nous aussi prendre l'ascendant sur les choses. Avec ce but toujours clair : devenir membre de l'Union Européenne comme les autres pays. C'est de vrais pouvoirs dont il est question, pas de miettes !

·         * nom officiel du « Régime de Vichy ».

·         ** « pour son combat non-violent pour parvenir à l'autodétermination de son pays, le Tibet. » (termes officiels).


Posté le 18/01/2009 | 71 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

n°0 _Une Silésie Multiculturelle

Voici la traduction en français de l'article sur la Silésie p10 du numéro zéro :


Entre le 23 et le 28 septembre 2008, à l'occasion d'un séminaire de YEN (Youth of European Nationalities) en Silésie, la Bretagne était représenté par Gwenole Ar Gov membre des Jeunes Bretons. La Silésie correspond à la plus grande minorité de Pologne, présente également en Allemagne et en République Tchèque. Voici quelques mots sur cette région.

Près d'un quart de la population de la Pologne vit en Silésie. De part sa position géographique, il s'agit d'une région frontalière entre le monde germanique et le monde slave et connaît un brassage entre les religions catholiques, protestantes et judaïques. Durant le Moyen Age et jusqu'au XVIIIe siècle, elle fut dominée à plusieurs reprises par la Pologne, la Bohême, l'Autriche et la Prusse. Le XIXe siècle a vu naître des grandes villes qui se sont développées grâce à lla métalurgie. Elle fit partie de l'Allemagne unifiée après 1871. Le XXe siècle fut une période douloureuse pour cette région qui connut des tensions entre l'Allemagne et la Pologne. La Seconde guerre mondiale, puis l'expulsion des Allemands en 1945, le communisme, les grandes grèves des années 80, la Silésie connaîtra des moments difficiles à supporter.

C'est ainsi que depuis le Moyen-Age, des Allemands vont vivre aux côtés des Silésiens, minorité de Pologne. L'identité multiculturelle de cette région est donc complexe. Une identité locale, et spécifique aux régions frontalières, va ainsi se forger. Il est intéressant de constater que ces minorités n'ont pas de revendications  territoriales, mais bien culturelles et linguistiques, que ce soit les Silésiens ou les Allemands. Personne ne  songe à revendiquer un séparatisme de la Pologne ou le rattachement de la Silésie à l'Allemagne. Il s'agit, en fait, de faire en sorte que les droits de ces minorités y soient respectés, et ce de part et d'autre des frontières. Le thème du séminaire était d'ailleurs "no borders", car la culture doit être respectée malgré les frontières.

Ce séminaire était donc co-organisé par YEN et Bund Der Jugend der Deutschen Minderheit in Polen (association des jeunes de la minorité allemande en Pologne). (Pour avoir des renseignements à propos de YEN et de ce séminaire : http://jeunes.partibreton.org/articles.php?lng=fr&pg=217).

En effet, cette association tente de préserver leur identité d'Allemand parmi la culture silésienne. Leurs témoignages indiquent la complexité de leur identité. Certain se reconnaissaient allemands à part entière tandis que d'autres vivaient le mélange des deux cultures. A travers des événements, des expositions, des rencontres, ils tentent de faire vivre cette identité allemande, influencée de culture silésienne.

L'exemple de la Silésie nous montre l'histoire complexe de certaines minorités et combien il est important de les respecter afin de favoriser la paix entre les peuples.


Posté le 30/10/2008 | 122 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Lancement de YAOUANKiz !

YAOUANKiz : le nouveau mag des jeunes Bretons est arrivé !


Après des semaines d'attente, ça y est ! Les Jeunes Bretons sortent le numéro 0 de YAOUANKiz (jeunesse). Son but ? A travers l'actualité, en 12 pages, faire connaître et susciter le débat sur nos idées et notre projet : démocrate, breton, écologiste et européen.

Il sera disponible via internet et dans toutes les manifestations auxquelles nous participerons.


Au sommaire de ce numéro consacré à l'Europe :


  • L'actu des jeunes bretons

  • Le Pays basque en mouvement

  • Belgique : chronique d'une mort annoncée ?

  • Témoignage : le Service Volontaire Européen

  • Une Silésie multiculturelle

  • Le Sénat : cet anachronisme

. Et en bonus une offre d'emploi in-re-fu-sable.


Bonne lecture !




YAOUANKiz: setu en em gavet kelaouenn nevez Ar Vretoned Yaouank !


Poent 'oa a-benn ar fin ! Ar Vretoned Yaouank a zo o paouez skrivañ niverenn 0 YAOUANKiz. He fal ? E 12 pajenn, bouetet gant ar c'heloù diwzhañ, e vo klasket reiñ da anavezout hag eskemm hor mennozhioù hag hon raktres : demokrat, ekologour, breizhat hag european.


Setu ar pezh a vez en niverenn-se gouestlet da Europa :


  • Keleier diwezhañ Ar Vretoned Yaouank

  • Startijenn gant Euskadi

  • Belgia : fin un istor ?

  • Testeni : ar Servij A-youl vat European

  • Silezia, ur vro lies-sevenadurel

  • Ar Sened : blaz ar gozhni gantan


hag evit echuiñ : ur c'hinnig-labour na c'heller ket nac'hañ !


Gant m' o po plijadur da lenn !


Posté le 30/10/2008 | 79 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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